Comment fonctionne le système de grades en Silat Seni Gayong ? Entre benkong (ceintures), chula et rôles d’enseignement, cette structuration moderne se distingue des traditions du pencak silat.
Système de grades en Silat Seni Gayong (benkong et chula)
Un système structuré… mais qui ne reflète qu’une partie de la réalité du silat.
LE SYSTÈME DE GRADUATION DU SILAT SENI GAYONG
Structure et Grades : Un Système Unique
Le Silat Seni Gayong, codifié et structuré à l'ère moderne par le Mahaguru Dato' Meor Abdul Rahman, se distingue de nombreux autres styles de pencak silat par son système de graduation hiérarchisé. Empruntant une logique de progression visuelle, le Gayong utilise un système de ceintures, appelées Benkong, et de barrettes, nommées Chula, pour marquer l'évolution technique, culturelle et spirituelle du pratiquant (pesilat).
⚠️ Il est important de noter que ce système peut varier selon les branches, les pays et les lignées d’enseignement.
La progression du Gayong renverse la symbolique habituelle des arts martiaux d'origine japonaise et s'organise généralement ainsi :
Benkong Hitam (Ceinture Noire de départ) : C’est la ceinture de la terre. Elle symbolise les ténèbres de l'ignorance (alam gelap), le point de départ où le pratiquant ne sait encore rien de l'art.
Benkong Awan Putih (Ceinture Nuage Blanc) : Représentant la pureté et l’accès progressif à la connaissance, ce grade marque une première structuration des bases.
Benkong Hijau (Ceinture Verte) : Étape de croissance et de développement des compétences techniques et physiques.
Benkong Merah (Ceinture Rouge) : Seuil important dans le parcours, souvent associé à des responsabilités d’enseignement et à l’accès au rôle de Jurulatih (instructeur).
Benkong Kuning (Ceinture Jaune) : Couleur historiquement liée à la distinction et à la souveraineté dans le monde malais. Dans certaines lignées, ce niveau correspond à un statut avancé, parfois associé au rôle de Gurulatih (maître-instructeur).
Niveaux avancés et distinctions : Dans certaines branches, la progression se poursuit avec des systèmes de Chula (barrettes), parfois de couleur dorée, marquant un niveau de maîtrise élevé. Les appellations et structures exactes peuvent varier.
👉 Les interprétations symboliques associées aux couleurs peuvent également différer selon les enseignants et les traditions de transmission.
Le Contraste avec la Tradition Classique du Pencak Silat
Cette structuration relativement codifiée tranche avec le fonctionnement traditionnel de nombreux systèmes de pencak silat (notamment dans le silat Melayu et certains systèmes indonésiens).
Historiquement, la transmission au sein d’un Gelanggang (espace d’entraînement) ne reposait pas sur un système formalisé de ceintures, mais sur une relation de confiance et de filiation entre le maître (Guru) et l’élève.
Le parcours suivait souvent une évolution plus organique :
L’apprentissage initial : acquisition des bases techniques et des formes (Jurus).
L’assistanat : l’élève devient Pembantu, aide à l’enseignement et accède progressivement à un savoir plus approfondi.
La transmission : le pratiquant peut, avec l’accord du maître, ouvrir son propre Gelanggang ou poursuivre la lignée.
Dans ces systèmes traditionnels, le statut du pratiquant se manifeste moins par un grade visible que par des marqueurs culturels et rituels : port du Sarong (Samping), manière de nouer le Tanjak ou Tengkolok, ou encore la légitimité de porter le Kris lors de certaines cérémonies.
Ces éléments relèvent davantage d’une reconnaissance sociale et culturelle que d’un système de grades formalisé.

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