De retour d'un week-end en famille à Paris, le hasard fait parfois bien les choses : ce samedi se tenait la Coupe de France de Kali. Une occasion trop belle pour la laisser passer. J'ai donc pu "abandonner" mon épouse le temps d’une matinée pour aller humer l'ambiance de la compétition.
L'événement coche toutes les cases classiques : un gymnase occupé par deux surfaces de combat, les tables d'arbitrage, la buvette, et des gradins bien remplis (principalement par les coachs, les familles et les compétiteurs eux-mêmes).
1. Duos techniques : Une piste à explorer ?
Suivant le timing, j'arrive pile au moment des duos techniques. Les démonstrations s'enchaînent : sticks, mains nues, lance, machette… Les styles et les prestations sont très hétérogènes.
En observant ce format, une réflexion me vient immédiatement :
Il y a dans ce schéma de compétition une réelle possibilité pour nous de nous exprimer via le pentas (équivalent des gandas en pencak c'est à dire des combats chorégraphiés, style bunkai en karaté, ou duo techniques de ju jitsu).
Ma condition ? Il me faudra relire attentivement le règlement de la compétition (exigences, critères d'évaluation, marge de liberté). Je n'ai pas forcément envie de lancer une préparation spécifique pour ce module. Utiliser et adapter ce que l’on sait déjà faire ? Oui. S'entraîner exclusivement pour ça ? Non. Le règlement initial étant basé sur les exigences des passages de grades, nous devrions pouvoir nous glisser naturellement dans ce schéma.
2. Combat sportif : Quand les sticks s'entrechoquent
Le programme s'enchaîne ensuite en simultané sur les deux surfaces de combat, alternant entre les seniors et les enfants.
Chez les enfants : Un joli engagement ! On notera tout de même une sur-représentation logique du club hôte parmi les compétiteurs.
Chez les adultes : Malgré quelques temps morts et de légers tâtonnements dans l'organisation, les combats s'avèrent très engagés. Le bruit des bâtons sécurisés change radicalement d'un tapis à l'autre : chez les grands, ça cogne dur !
Côté équipement et règles
L'équipement varie selon les catégories : casques typés self-défense, plastrons (parfois optionnels chez les enfants), gants de hockey, et protections de jambes ou de coudes plus ou moins présentes.
Visuellement, le format est strict : les saisies et le corps-à-corps ne sont pas autorisés. Autre subtilité intéressante : de multiples pertes de bâton entraînent la défaite. Le vainqueur est désigné aux drapeaux par trois juges, à l'issue de 3 rounds si nécessaire. (Pour les curieux, vous pouvez consulter le ICI).
Vers la technologie : Le système "Tolpar"
Avant de devoir filer, j'ai aperçu la préparation d'une surface de combat dédiée au "Tolpar". Il s'agit d'un système de comptage automatique des touches, similaire à ce qui se fait déjà en taekwondo ou en escrime. Dommage, je n'ai pas pu rester l'après-midi pour voir la version "Élite" qui promettait d'être explosive au vu des combats "sportifs" du matin !
3. Rencontres fortuites et avenir des AMSEA
Au-delà des tapis, ce déplacement a été riche en échanges :
Didier Garcia : J'ai pu discuter avec lui de l'avenir et des différents projets autour des AMSEA (Arts Martiaux du Sud-Est Asiatique).
Michel Rozzi : Le hasard fait définitivement bien les choses. Je l'ai croisé non pas au gymnase, mais dans la rue sur le trajet du retour ! Une rencontre toujours aussi agréable. Nous avons échangé sur le format de la compétition, l'intérêt de ces événements et une éventuelle participation aux Opens de la saison à venir.
Un bilan positif mais un entre-soi persistant
Ce fut un moment vraiment intéressant, imprévu et très riche.
Cette Coupe de France et ses déclinaisons locales (les Opens) s'ajoutent intelligemment aux stages proposés par la fédération. Ils offrent des opportunités de rencontre et une belle exposition pour la discipline. Cependant, le constat reste le même : cela se joue encore trop souvent dans un cadre de public "averti", déjà sensibilisé aux AMSEA. Le défi reste d'ouvrir ces frontières !

